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Gôbekli Tepe |
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Göbekli Tepe est un site archéologique des débuts du néolithique (plus précisément néolithique précéramique A) ou de la fin du mésolithique. Il est situé au sud-est de l'Anatolie, région de l'actuelle Turquie, près de la frontière avec la Syrie. Au sud-ouest se trouve la ville de Sanliurfa. En français, Göbekli Tepe se traduit par "la montagne du Nombril", en référence à sa forme. Sur ce site repose le plus ancien temple de pierre jamais découvert (datation estimée entre - 11500 et -8000 avant notre ère). Il aurait fallu plusieurs centaines d'hommes pour le construire, et les travaux auraient duré de trois à cinq siècles. La civilisation mégalithique à l'origine de ce site est encore très mal connue. Le temple aurait été abandonné en 8000 av. J.-C., laissant le temps (ou l'homme) enfouir le site. Le site est une colline artificielle haute de 15 mètres pour un diamètre de 300 mètres. Celle-ci est située sur le point culminant d'une montagne allongée. Le sommet de cette colline est un point d'observation qui domine la région : on peut y voir les monts Taurus et Karaca Dağ au nord et à l'est, et, au sud, la vallée de Harran qui s'étend jusqu'en Syrie. Seule la vue ouest est restreinte par les montagnes avoisinantes. La zone exploitée par l'homme serait de 300 à 500 m² selon les estimations. Göbekli Tepe fut enregistré en tant qui site archéologique en 1963 dans le cadre de recherches turco-américaines. Une équipe d'archéologues américains, dont Peter Benedict, remarqua plusieurs collines étranges recouvertes de milliers de silex cassés, ce qui est un signe certain d'activité humaine. Mais les scientifiques n'eurent pas le temps ou les finances pour procéder à des excavations. Trois décennies plus tard, un berger de la région aperçut un groupe de pierres aux formes étranges sortant du sol poussiéreux. La 'redécouverte' du site parvint aux oreilles des conservateurs du musée de la ville de Sanliurfa, à cinquante kilomètres. Les responsables du musée contactèrent le ministère approprié, qui, en retour, se mit en relation avec l'Institut Allemand d'Archéologie à Istanbul. Les archéologues ont alors mis à jour un sanctuaire monumental, parmi les plus anciens connus en Occident, devançant d'environ 70 siècles les plus anciennes pyramides égyptiennes. Le temple en lui-même est une colline artificielle, aux murs faits de pierres sèches non sculptées. Chaque pièce étant une construction mégalithique ronde. À ce jour, quatre enceintes dessinées par d'énormes piliers de calcaire pesant plus de 10 tonnes ont été dégagées. Selon Klaus Schmidt, "elles symbolisent des assemblées humaines, et les pierres levées, disposées en cercle, représentent des personnages stylisés". Certains indices nous laissent à penser que beaucoup de choses restent à découvrir. Au vu de la façon dont sont sculptées les pierres, la pierre était probablement extraite avec des pioches en pierre. Il y a quelques années, Klaus Schmidt et son équipe découvrirent une pierre en forme de T, à moitié extraite d'un lit de pierre à chaux, à un kilomètre du site. Cette énorme pierre mesure 9 mètres de long et était apparemment destinée à rejoindre les autres piliers de Göbekli. "La pierre est fendue, elle a donc dû se casser", explique Schmidt, "lorsque cela est arrivé les constructeurs l'ont probablement abandonnée pour en commencer une autre". Tout cela nous montre qu'il y a probablement d'autres pierres de cette hauteur qui n'ont pas encore été découvertes. En effet, les analyses géomagnétiques des montagnes artificielles de Göbekli Tepe indiquent qu'au moins 250 pierres supplémentaires seraient encore enfouies dans le sol. A ce jour, quarante pierres monumentales en forme de T et atteignant 3 mètres de haut on été sorties de terre, la plupart gravées. Sur certains piliers, on peut voir de nombreux animaux finement représentés (serpents, canards, grues, taureaux, renards, lions, sangliers, vaches, scorpions, fourmis). Certaines de ces gravures ont été volontairement effacées, peut-être en préparation d'autres représentations. Il y a aussi des sculptures isolées semblant être des représentations de sanglier ou de renard. Vu qu'elles sont faites d'argiles, et particulièrement craquelées, il est difficile de le déterminer. Des statues de même type ont été trouvées à Nevali Cori et Nahal Hemar. Les ateliers de sculpture ayant créé ces statues seraient situés sur le plateau lui-même, des piliers non terminés ayant été trouvés in situ. Des cuvettes en forme de bol dans la roche argileuse ont été trouvées, technique peut-être déjà utilisée pour faire de la sculpture et du mortier argileux, dans l'épipaléolithique. Il y a aussi des formes phalliques et des motifs géométriques dans la roche, dont la datation est inconnue. Ils sont à rapprocher des cultures sumérienne et mésopotamienne, ainsi que des sites d'Asie Mineure et d'Egypte de la même époque, comme Byblos, Nemrik, Helwan et Aswad. Leur conclusion est surprenante : voici 11 500 ans, la Turquie gagne rapidement 9 degrés et se couvre de chênes, de genévriers et d'amandiers. Cet adoucissement du climat aurait pu provoquer la sédentarisation progressive de la tribu à l'origine du site. Se basant sur les importantes représentations d'animaux, Schmidt indique qu'il doit s'agir d'une culture shamanique à rapprocher de la culture sumérienne et mésopotamienne. La présence de gravures de points décoratifs et de motifs géométriques, fréquents dans ces cultures, semblerait corroborer cette hypothèse. On trouve des motifs utilisant des points comme à Byblos, beaucoup de motifs identiques à Nemrik, Helwan et Aswad. On peut donc supposer des pratiques rituelles proches. Au début des années 90, le préhistorien Jacques Cauvin avança la thèse que le développement de la religiosité a poussé les hommes à se regrouper pour vivre et célébrer les rites en société. Göbekli pourrait lui donner raison. Ce site de Göbekli Tepe montre notamment que l'humanité disposait, à une époque préagricole, de moyens suffisants pour mettre en place un lieu de culte imposant, idée qui contredit l'hypothèse que l'agriculture aurait précédé toute érection de constructions importantes. C'est probablement l'œuvre d'une tribu de Chasseur-cueilleurs. Schmidt spécule sur le fait que le site ait joué un ¨rôle majeur dans la transition à l'agriculture; il suppose que l'organisation sociale nécessaire à la création de ces bâtiments a favorisé une exploitation organisée du blé. Sachant que Göbekli Tepe est situé dans la région de Turquie surnommée le Croissant fertile, et sachant que des études ont démontré que c'est probablement le lieu d'origine de l'Engrain (variante du blé), première céréale utilisée par l'homme, on comprend alors l'importance de cette affirmation. Cela dit, aucune trace de plantes ou d'animaux domestiqués n'a été trouvée. On n'a pas plus retrouvé d'habitations durables, en pierre. Ainsi donc, cette transition reste encore aujourd'hui une hypothèse. Pourtant, on a retrouvé, ensevelis à 4 m de profondeur, c'est-à-dire datant de la même période que les temples, des outils, comme des racloirs, des pointes de flèches, des os d'animaux (gazelles, lièvres), des graines sauvages et du bois carbonisé. Cela prouve avec les silex retrouvés, une présence humaine durable. Cela conforte l'idée que les hommes de Göbekli se nourrissaient exclusivement de gibier, de plantes et de fruits qu'ils trouvaient dans la nature, sans être éleveurs ou fermiers. "Toutefois," selon Klaus Schmidt, "une chose étrange s'est produite en 8000 avant JC., pendant la transition vers l'agriculture: Göbekli Tepe a été enterrée délibérément, et non pas par une coulée de boue. Pour des raisons inconnues, les bâtisseurs ont décidé d'enterrer le site. La terre que nous retirons sur les pierres a été placée ici par l'homme. Toutes ces collines sont artificielles." Source : Wikipédia |











